Une simple entorse de cheville peut conduire à une instabilité

Une entorse de cheville peut étirer ou rompre les 3 ligaments externes de la cheville lorsque. Il s’agit des ligaments qui empêchent le pied de se « tordre vers l’intérieur ». L’entorse survient le plus souvent lors d’accidents sportifs mais aussi parfois d’une simple chute.

Après une entorse de cheville, on est généralement immobilisé dans une attelle pendant quelques semaines. Il faut également, mobiliser la cheville, retrouver la stabilité et drainer l’oedème avec des séances de rééducation.

Malgré la kiné, dans un faible pourcentage de cas et en fonction de la gravité de l’entorse, des complications peuvent survenir. Il peut s’agir de douleurs transitoires en avant de la malléole externe ou de sensation d’instabilité chronique. Dans ce cas, on peut ressentir une appréhension au quotidien. C’est à dire, qu’on peut avoir l’impression que la cheville n’est plus « tenue » lors de la marche. Cela peut être très gênant pour la pratique sportive.

L’importance de la rééducation.

Si la cheville parait instable, il est important de vérifier que la rééducation a été faite correctement. En effet, certains muscles comme les fibulaires ont une importance capitale dans la stabilité de la cheville et du pied. On appelle « reprogrammation neuro musculaire » les exercices de kiné qui visent à coordonner la contraction musculaire avec les situations d’instabilité. Un test simple permet d’évaluer la fonction des muscles fibulaires est de se mettre en équilibre sur la pointe d’un pied.

Traiter la douleur.

Une douleur sur la partie externe de la cheville peut participer à la sensation d’instabilité. Une infiltration de corticoïde sous contrôle échographique peut être très bénéfique dans certains cas.

Le bilan radiologique

Si la sensation d’instabilité et l’inconfort persistent malgré une rééducation bien faite, il faut se poser la question d’une rupture ou d’un étirement du ligament externe de la cheville. Il existe plusieurs examens pour évaluer l’état ligamentaire. Si aucun examen n’est fiable à 100%, leur performance pour dépister une rupture ligamentaire est excellente. Parfois, plusieurs examens sont nécessaires. Les plus utilisés sont l’échographie, l’IRM et l’arthro scanner (avec injection de produit de contraste).

la reconstruction du ligament externe de la cheville

Il existe plusieurs techniques chirurgicale pour réparer un ligament externe de cheville. Le choix de la technique de réparation dépend du niveau d’instabilité, de l’activité sportive du patient et du nombre de ligaments atteints.

Si les techniques dites « ouvertes » (c’est à dire nécessitant une incision de la cheville) sont utilisés depuis longtemps, les techniques arthroscopiques sont de plus en plus populaires. Il s’agit d’une chirurgie utilisant une caméra permettant et un petit instrument permettant une réparation ligamentaire « sans ouvrir », par des incisions millimétriques. La chirurgie arthroscopique est réputée « moins agressive » que les techniques ouvertes et ont pour but un meilleur confort post opératoire et une récupération rapide.

La réparation directe.

Si l’état du ligament le permet, il est possible de venir rattacher un ligament sur son insertion osseuse (malléole externe) au moyen une petite ancre positionnée dans l’os du péroné.

Le renfort du ligament.

Il est possible de renforcer un ligament « trop faible » en utilisent une structure avoisinant appelée « réticulum des extenseurs« . On suture alors ce rétinaculum sur la malléole externe. On peut y associer une réinsertion du ligament si nécessaire. Les patients ayant une activité sportive de loisir et une instabilité modérée peuvent bénéficier de cette technique.

La reconstruction ligamentaire.

Elle est utilisé dans les cas de grande instabilité et/ou en cas de pratique intensive du sport. Cette technique nécessite l’utilisation d’un greffon prélevé sur le patient et implanté à l’endroit du ligament externe de cheville. On utilise classiquement le tendon du gracilis. Il s’agit du même tendon qui sert à pour la réparation des ligament croisé. On le prélève sur la face interne du genou, puis on réalise une arthroscopie de cheville pendant laquelle on va fixer le tendon dans 3 os de la cheville (le péroné, l’astragale et de calcanéum). La fixation se fait par de petites ancres insérées dans les os. Ainsi on stabilise durablement la cheville.

Après l’intervention.

Quelque soit la technique utilisée, une période d’immobilisation de quelques semaines est nécessaire pour bien faire cicatriser le ligament. Des séances de rééducation permettent de retrouver une bonne mobilité articulaire.

Conclusion.

L’arthroscopie permet de faire une chirurgie « à la carte » selon le niveau d’instabilité et la demande fonctionnelle des patients. Le développement d’implants fiables a permis de populariser ces techniques qui sont aujourd’hui disponible pour le grand public.