Qu’est ce que le syndrome rotulien?

C’est une inflammation douloureuse du cartilage de la rotule. Elle se manifeste par des douleurs antérieures de genou (autour de la rotule généralement). Ces douleurs sont plus importantes en cas de station assise prolongée, de marche en terrain accidenté ou après la pratique sportive.

L’anatomie du genou.

radio de l’articulation entre la rotule (en haut) et la trochlée fémorale (en bas)

Le genou est une articulation qui relie l’os de la cuisse (le fémur) et le tibia (un os de la jambe). En avant, la rotule s’articule également avec le fémur. Ces trois os participent à une seule et même articulation. A l’intérieur de l’articulation, les os du genou sont recouverts de cartilage qui permet le glissement de articulation. On la zone de contact articulaire entre le fémur et tibia s’appelle l’espace fémoro tibial et celui entre le fémur et la rotule, l’espace fémoro rotulien.

A quoi sert la rotule?

La rotule ne supporte aucun poids, elle joue le rôle d’une « poulie de réflexion » en démultipliant la force du muscle principal de la cuisse (quadriceps). En se contractant le quadriceps permet l’extension de la jambe. La rotule a donc un rôle primordial dans le mécanisme d’extension de la jambe et dans la stabilisation du genou. Elle est très sollicitée au quotidien et coulisse en permanence contre le fémur. A force de coulisser, le cartilage de la rotule peut devenir « inflammatoire » et présenter de petites zones l’ulcération : c’est le syndrome rotulien (appelé encore syndrome fémoro patellaire).

Qu’est ce qui favorise le syndrome rotulien?

radiographie d’une rotule trop haute

Certaines prédispositions anatomiques peuvent augmenter le risque d’avoir un syndrome rotulien. Ainsi, une rotule trop haute par rapport au fémur peut gêner le coulissement de la rotule contre la fémur. En effet, dans ce cas la rotule n’est pas bien guidée dans la trochlée et « cherche son chemin » quand elle coulisse. Les micro traumatismes répétés des bords de la rotules lors des mouvements de flexion-extension entraînent une usure prématurée du cartilage.

La forme de la partie articulaire du fémur (trochlée fémorale) est une autre cause possible de douleur de rotule. On appelle cela la dysplasie de trochlée. Plus simplement, la trochlée fémorale ne guide pas bien la rotule pour son coulissement. Les bords de la rotule vont « taper » contre le fémur à chaque coulissement. Cela va donc produire une usure du cartilage de la rotule.

Un déséquilibre musculaire entre les muscles postérieurs de la cuisse et les muscles antérieurs est une cause fréquente de syndrome rotulien chez les jeunes adultes.

Peut-on faire du sport quand on a un syndrome rotulien?

Pour ne pas aggraver la douleur d’un syndrome rotulien, il faut adapter la pratique sportive. Il faut comprendre que tous les exercices qui vont augmenter la pression entre la rotule et le fémur vont provoquer des douleurs. Ces exercices augmentent la friction entre le fémur et la rotule. On déconseille généralement la pratique d’exercices imposant un grand flexion du genou (comme les squats), la marche en terrain irrégulier (marche en montagne), la brasse et le vélo.

Pour la pratique du sport, le port d’une attelle pour maintenir la rotule bien centrée permet de diminuer les douleurs du genou. Cette attelle doit être souple pour permettre les mouvements de flexion-extension (sans renforts latéraux). Par ailleurs, elle doit comporter un trou central en avant qui correspond à l’espace pour la rotule. Cette attelle guidera la rotule lors des mouvements du genou.

Comment traiter un syndrome rotulien?

Le traitement des non chirurgical dans le grande majorité des cas. Il comprend un travail de kinésithérapie. Les exercices comprennent notamment un étirement des muscles postérieurs de la cuisse et un renforcement musculaire des muscles internes pour recentrer la rotule. Le port d’orthèses plantaires sont aussi très efficaces. En modifiant appuis au sol, les semelles vont permettre de répartir différemment les contraintes au niveau du genou et de soulager les douleurs. Un repos articulaire et une adaptation de la pratique sportive sont essentiels pour la guérison.

Les anti inflammatoires par voie orales sont fréquemment prescrites par cures courtes de quelques jours. Ils permettent passer les phases les plus inflammatoires.

Des infiltrations pour traiter la douleur de rotule

Plusieurs types d’infiltrations peuvent soulager les douleurs de rotule.

  • Les injections de corticoïdes ont un effet anti inflammatoire localisés. Ils permettent diminuer « l’irritation douloureuse » de l’articulation et ont donc une action très efficace sur la symptomatologie douloureuse. On réaliser cet type d’injection au cabinet médical au décours d’une consultation. un simple repos articulaire est préconisé pendant les 48h suivant l’injection. Sa durée d’efficacité est variable sur plusieurs mois. On peut répéter les infiltrations de corticoïdes jusqu’à 3 fois par an.
  • L’acide hyaluronique agit comme un « lubrifiant articulaire » et a également une action sur la qualité du cartilage. Il existe des schéma thérapeutiques à 1 ou 3 injections.
  • Le plasma riche en plaquettes ou PRP est une thérapeutique plus récente. Le PRP est composé de cellules réparatrices directement prélevés sur le patient par une simple prise de sang. Le tube de prélèvement, spécial a la propriété de séparer le sérum contenant les plaquettes et facteurs de croissance des autres cellules (globules rouges et blanc). On injecte ensuite de plasma dans l’articulation du genou dans le même temps. Le PRP a un effet cicatrisant et anti inflammatoire : il agit à la fois sur la douleur et permet un effet durable. On propose généralement des shémas à 3 injections.

Dans quels cas opère-t-on un syndrome rotulien?

Lorsque toutes les solutions de rééducation ou d’infiltration sont inefficaces, on peut discuter une indication chirurgicale . L’indication chirurgicale se discute au cas par cas en prenant compte les éventuels facteurs anatomiques, l’intensité de la douleur et le retentissement sur la vie quotidienne. Il existe plusieurs types de traitement chirurgicaux qui ont pour but de recentrer et/ou abaisser la rotule. Cela peut impliquer des gestes osseux ou ligamentaire.